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NRH n°68 (Septembre-octobre 2013)

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Ce dernier numéro (je veux dire le plus récent, car on souhaite évidemment longue vie à cette précieuse revue !) consacre un dossier, le Midi des troubadours et des cathares, à l’histoire du pays languedocien. Bien sûr, la croisade contre les Albigeois et autres luttes contre les hérésies, abusivement unifiées sous l’appellation unique de « cathare », tiennent la place centrale. C’est l’occasion de présenter une synthèse dépassionnée des dernières recherches sur des événements qui ont trop fait l’objet de récupérations manichéennes et partisanes. Ainsi, il est rappelé qu’entre les premières manifestations d’hérésies au début du XIe siècle et la proclamation de la croisade contre les Albigeois en 1209, il se passe pratiquement 200 ans, pendant lesquels l’Eglise s’est efforcée de reprendre l’avantage par la prédication et les joutes oratoires, avec la mise en avant d’ordres mendiants prédicateurs, plus exemplaires que le faste de l’appareil romain critiqué. La croisade sert les ambitions politiques des capétiens qui agrandissent ainsi leur Pré Carré et renvoient définitivement l’Aragon vers l’espace ibérique. Même l’institution inquisitoriale ne correspond pas tout à fait à la caricature qui en est généralement faite : au contraire, l’Inquisition introduit dans la pratique du droit des notions nouvelles et parfaitement modernes comme la présomption d’innocence, les plaidoiries à décharge, etc. En contrepartie, elle incitait aussi largement à la délation, destructrice du lien social jusque dans les familles, ce qui a laissé des traces durables, perceptibles dans l’anticléricalisme très ancré dans la région, mais, reconnaissons-le, ça aussi, c’est éminemment moderne ! La violence a donc été amorcée par la croisade, à propos de laquelle Pierre de Meuse, docteur en droit et historien, s’avance jusqu’à dire qu’elle n’était pas nécessaire pour obtenir le même résultat car le thomisme et la redécouverte d’Aristote auraient eu, seuls selon lui, raison de la haine du monde sensible prêché par les Albigeois.

Pour poursuivre sur le même sujet, j’ai trouvé par hasard une récente biographie de Simon de Monfort, à qui est attribuée la terrible phrase : « Tuez-les tous, Dieu reconnaitra les siens ! », qui n’a très probablement jamais été prononcée. Editée en 2011 par Via Romana, cette biographie semble faire la part entre l’adulation que certains lui portaient à son époque et la condamnation tout aussi peu nuancée dont on l’a accablé par la suite : Dominique Paladilhe, Simon de Monfort et le drame cathare, Via Romana, 2011.

Bref, si certains nourrissaient des craintes quant à la NRH, elles sont parfaitement infondées : avant de partir, Dominique Venner a su remettre sa revue en des mains qui entretiennent dignement le flambeau.


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