Salon de lecture

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NRH n°49 (Juillet-août 2010)
Georges

Ci-dessous, une lettre envoyée au courrier des lecteurs:

«A propos du passionnant article du numéro 49 de la revue, «1940. La revanche de la Reichswehr», qui montre bien que la supériorité militaire allemande de 1940 est un fait qui ne s’est pas démenti depuis 1807, je crois qu’il n’est pas beaucoup d’officiers français à l’avoir compris ces 2 derniers siècles.
Pourtant, l’un d’eux l’avait parfaitement analysé: le capitaine Louis-Nathaniel Rossel (1844-1871). Officier polytechnicien d’origines cévenole par son père et écossaise par sa mère, il a rallié la Commune de Paris après la défaite de 1870. Il affirmait que «la décadence de l’art de la guerre date de Napoléon (…) qui proscrivit la spontanéité et ne demanda plus que l’obéissance. (…) Bonaparte était le disciple du grand mouvement intellectuel du XVIIIe siècle; mais, croyant protéger en les cachant les ressorts de sa puissance, il voulut que la guerre, science pour lui, ne fut plus qu’un métier pour les autres.» Cette attitude subalterne suscitée jusque parmi les généraux est l’origine de l’appellation de «Grande Muette», qui sied si bien à l’Armée française, plus parce que son corps d’officiers est castré que parce qu’il serait éventuellement bâillonné! Outre les défaites successives de 1813 à 1940 contre l’armée prussienne puis allemande (bien analysées dans l’article, et auxquelles ne déroge pas vraiment 14-18, dont la victoire volée n’est pas imputable à l’armée française seule, et encore moins au génie de son Etat-major!), et malgré des velléités d’organiser un enseignement militaire supérieur au début de la IIIe République pour préparer la Revanche, on trouve encore la manifestation de cette servilité parfaitement intégrée, dans le « putsch » des généraux de 1961 qui, de l’aveu même des acteurs, n’était qu’un «baroud d’honneur», soit tout l’inverse d’un coup d’état militaire comme le laisserait penser l’appellation classique… Rossel est mort trop jeune pour être notre Clausewitz!
Merci pour votre excellente revue qui n’a pas d’égal pour tirer intelligemment des leçons pertinentes de l’histoire.
Georges C.»

Outre cet article, le dossier présente une remarquable synthèse sur l’Afghanistan, des origines au conflit actuel, en passant par le «Grand Jeu» entre Russes et Anglais dans cette région, et par l’intervention soviétique de 1979-89.


A propos de la servilité des officiers, voivi cet échange brutal entre Pétain et Lyautey:

En octobre 1925, alors que la guerr du RIF bat son plein, Lyautey est brutalement remplacé par Pétain; voici les termes de leur entretien tels qu'ils ont été rapporté par Durosoy dans Avec Lyautey Homme de guerre Homme de paix Nouvelles éditions latines 1976 p 206:

- Pétain: monsieur le maréchal, vous vous êtes résolu à donner votre démission, mais je ne voudrai pas que vous puissiez croire que j'y aie été pour quoi que ce soit.
- monsieur le maréchal, je veux bien l'admettre et je ne puis en effet y songer. Par contre, je pense que l'on a fait de vous l'instrument de ceux du Gouvernement qui ont voulu et ainsi pu me mettre dans une situation inacceptable pour moi.
- Sans doute ne m'en suis-je pas rendu assez compte, mais l'on m'a fait ressortir en haut lieu que plus de la moitié des effectifs étaient au Maroc et qu'il me revenait d'en prendre le commandement. je suis un soldat, j'ai répondu aux ordres qui m'étaient donnés.

Réponse cinglante de Lyautey:
- Sans doute mais j'ai toujours pensé qu'au sommet de la hiérarchie la discipline pouvait ne pas être la même pour les maréchaux de France et pour les caporaux. dans ma vie, il y a eu plusieurs ordres que je me suis refusé à exécuter, en particulier celui d'évacuer le Maroc en 1914.

A méditer...

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