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Forces et faiblesses de l’occident

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Le 28 avril 2014, Régis Debray donnait une conférence sur ce thème à l’Ecole Militaire à Paris, dans le cadre de l’IHEDN. Il dénombrait dans son intervention 5 points forts et 5 points faibles.

Les premiers sont :
- Une cohérence sans précédent de l’occident, centré sur l’Atlantique et regroupant l’Europe et les Etats-Unis. Cela est particulièrement notable à travers la survivance contre toute logique de l’OTAN, après la disparition du Pacte de Varsovie.
- Une prétention hégémonique à dire le Bien, servie par une supériorité militaire incontestée.
- La formation de toutes les élites du monde, qui passent par les écoles ou universités occidentales.
- Le formatage des sensibilités internationales par le «soft power» (inondation du monde par la production culturelle occidentale, prise en main des instances internationales par leur localisation et leur financement…).
- Et enfin, le monopole de l’innovation technique.

Les points faibles sont :
- L’hubris du global, avec ses rêves d’uniformisation mondialiste
- Un aveuglant complexe de supériorité qui voudrait imposer universellement la règle «un homme, un vote» contre toute tradition. Cette mission quasi divine que s’octroie l’occident l’exempte et le place au-dessus du droit international (bombardement de la Libye, proclamation unilatérale d’états «voyous»…)
- Le déni du sacrifice ; le renversement du rapport individuel/social à la mort rend incompréhensible et imparable les actes suicidaires hostiles. Le culte du héro a été remplacé par celui de la victime et, plus généralement, l’occident a perdu toute notion de sacré, qui commande le sacrifice et condamne le sacrilège.
- La prison du temps court ; car les régimes d’opinion ne suivent que des bouffées émotives successives, ce qui constitue une disqualification de l’intelligence stratégique.
- La dissémination des éléments perturbateurs, car l’attaque des verrous de souveraineté (comme l’autorité des états) entraîne la libération de réactions violentes multiples et insaisissables.

Finalement, incarner la modernité n’est une force de l’occident qu’à la condition de définir cette modernité par la primauté de l’individu sur le groupe social.


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La vidéo de cette conférence est désormais en ligne: [lien]

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