Salon de lecture

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A propos de René Guénon
La Sérénissime République

« La civilisation occidentale apparaît dans l’histoire comme une anomalie : parmi toutes celles qui nous sont connues plus ou moins complètement, cette civilisation est la seule qui se soit développée dans un sens purement matériel, et ce développement monstrueux, dont le début coïncide avec ce qu’on est convenu d’appeler la Renaissance a été accompagné, comme il devait l’être fatalement, d’une régression intellectuelle correspondante ; nous ne disons pas équivalente, car il s’agit de deux ordre de choses entre lesquels il ne saurait y avoir aucune commune mesure. Cette régression en est arrivée à un tel point que les Occidentaux d’aujourd’hui ne savent plus ce que peut-être l’intellectualité pure, qu’ils ne soupçonnent même pas que rien de tel puisse exister : de là leur dédain, non seulement pour les civilisations orientales, mais même pour le Moyen Age européen, dont l’esprit ne leur échappe guère moins complétement. »

René Guénon

Les propos de ce pauvre Guénon expliquent amplement sa conversion à L'islam; si je faisais partie du petit peuple, je dirai qu'il offre l'exemple parfait de "la haine de soi" ... et de l'aveuglement: TOUTES les grandes civilisations "intellectuelles" ont eu une composante matérielle. Si Platon a existé, c'est que sa famille était une des plus puissantes et riches d'Athènes; si Florence, berceau des arts de la Renaissance, a existé, c'est que se trouvaient à sa tête les riches banquiers Médicis; si le Siècle de Louis XIV, avec son efflorescence "intellectuelle" (Descartes et tant d'autres), littéraire (inutile de donner de grands noms: il y en a trop), c'est que, "matériellement" la France dominait, etc. En revanche, depuis le Deuxième Empire, la "régression intellectuelle" s'est bien installée et fait toujours davantage tache d'huile, mais la domination "matérielle" n'est plus indo-européennne; disons "orientale", pour ne fâcher personne et finir sur un terme cher à l'inénarrable Guénon.

Ariste



Georges

Je ne prendrai certainement pas la défense de René Guénon : je connais beaucoup trop mal l’auteur pour ça ! D’autant plus que son islamophilie ne semble se justifier que par une admiration exclusive pour le courant soufiste, assez éloigné du message coranique originel et orthodoxe (cf. Petit guide du coran, Laurent Lagartempes, Editions de Paris, 2004, en particulier pages 148-156)…

Néanmoins, je persiste à dire que le seul livre que j’ai lu de lui, La crise du monde moderne, Gallimard, 1946, est lumineux sur son sujet, abstraction faite éventuellement de son orientalisme inconditionnel et d’allusions quelque peu ésotériques (notamment sur un supposé âge d’or, rejeté à une date antérieure à toute civilisation connue). En effet, j’adhère à son admiration pour le Moyen-âge (qu’il ne peut considérer comme un âge d’or, mais uniquement comme un sursaut un peu incompréhensible, alors qu’il me semble que c’est l’âge d’or de notre civilisation, qui commence avec les invasions barbares, ce qui ne veut pas dire qu’il n’y a aucune continuité avec les précédentes civilisations antiques…), de même qu’à sa conception de la décadence qu’il date de la Renaissance, conception dont rend très bien compte le recueil de textes de Guénon et d’Evola, Hiérarchie et Démocratie, éditions de l’Homme Libre, 1999.

Car, contrairement à ce que sous-entend Ariste, dénoncer une dérive matérialiste n’est pas synonyme de négation de toute dimension matérielle des civilisations : c’est une question d’ordre dans les finalités. Alors que dans la Grèce antique le commerce était généralement condamné, on ne peut soupçonner Platon d’avoir été un tant soit peu bourgeois, sous le prétexte qu’il appartenait à une riche famille ! En revanche, l’émancipation d’un modèle bourgeois, qui commence avec la Renaissance (et la Réforme, mais cela nous emmènerait trop loin), fait du monde matériel un horizon indépassable. Ainsi, même en ce qui concerne l’art, si florissant à la Renaissance, un auteur comme Paul-Georges Sansonetti montre bien, dans son livre Chevaliers et Dragons (Editions du Porte-Glaive, 1995), la révolution qui a lieu à cette époque, en définissant le Beau exclusivement selon des critères techniques, au détriment de tout un monde symbolique. Et je ne reviendrai pas sur Descartes, parangon de la décadence intellectuelle, à propos de qui Guénon fait une excellente critique dans le livre cité…

responsabilité oblige

ce que Guenon cherche à inscrire dans sa reflexion par rapport au materialisme de la civilisation occidentale , ce que cette derniere en s'attaquant à la spiritualité de l'orient et celle de l'Islam en particulier ; elle s'est fourvoyer et egarer.
Le projet final de cette civilisation ,c'est la consommation et la recherche du plaisir terrestre. C'est ce que les musulmans appellent " la judéocratie materialiste" qui mene l'occident aujourd'hui. Ne parle-t-on pas recemment "le pouvoir des olligarchies "?

L'esoterisme de Guenon , n'empeche pas une reflexion sereine et saine sur le devenir des societes occidentales.

Dans les grandes lignes, j'adhere, Renardeau.
Si tu connais bien Guenon, je suis preneur de toute fiche de lecture, histoire de donner une base un peu plus solide a cette discussion...

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