Salon de lecture

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Sans arme, ni haine, ni violence (2008)

Voici un film qui m’a agréablement surpris… Amusé par le sujet, je redoutais que ce ne soit qu’une reprise des « Egouts du Paradis », s’appesantissant sur les détails du cambriolage de Nice. Sinon, j’appréhendais aussi la façon dont seraient traitées la personnalité sulfureuse de Spaggiari et sa cavale.
Et bien, j’ai été rassuré dès le générique, qui s’ouvre sur les images de son évasion de chez le juge d’instruction, pour laisser place à la trame du film qui se déroule 5 ans plus tard, pendant sa cavale en Amérique Latine. Bien sûr, les cotés les plus politiquement incorrects du héro ne sont que vaguement esquissés et outrageusement caricaturés, mais là n’est pas l’essentiel. Le film s’attache bien plus à dépeindre une figure fantasque et attachante.
Car le plus périlleux de l’exercice résidait bien dans l’harmonisation des deux aspects aujourd’hui absolument inconciliables du personnage : celui, séduisant s’il en est, du Robin des Bois, de la truffe qui réalise le casse du siècle « sans haine ni violence », et l’autre, plus haïssable, de ses amitiés coupables dans l’extrême droite. Ainsi, j’avais vu un documentaire télévisé dans lequel même les flics qui l’avaient approché rivalisaient d’éloges envers ce voyou hors normes, et où ses accointances avec la bête immonde étaient excusées par son insouciance et ses limites intellectuelles… C’est donc la même image touchante que veut donner ce film, plaisant et bien documenté, de son personnage : un peu benêt, mais tellement sympathique !
Si après ça, vous souhaitez prolonger la marrade qu’il inspire nécessairement (je parle pour les gens normaux, peut-être pas pour les golden boys en cravatés du quartier de la Défense), trouvez et lisez les propres livres d’Albert Spaggiari dont, en particulier : « Journal d’une truffe », Albin Michel, 1983, sur sa jeunesse, et « Faut pas rire avec les barbares », Robert Laffont, 1977, sur son épisode indochinois où il s’est comporté courageusement, mais d’où il est rentré directement aux Baumettes… Vous découvrirez aussi que son écriture est plus cynique et colorée que niaise !

0 appréciations
Hors-ligne
je suis un jeune cadre dynamique travaillant à la defense et j'ai ces ouvrages dans ma bibliothèque

Dans un article touchant du Choc du Mois No 24, intitulé "le vrai Spaggiari raconté par ses amis", la personnalité du Spag est bien remise en perspective…

Erratum: c'est dans le numero 22!

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